11.10.2009
Au Château
Dimanche. Pour la première fois depuis longtemps, je suis restée chez moi pendant tout un week-end. Je n'ai vu personne (exception faite du gros microbe qui agonisait dans notre lit) et je ne suis pas sortie. Je me suis lancée dans une organisation de la chambre assez périeuse. Le plus souvent, quand que je me lance dans l'organisation d'une pièce de chez moi, je me retrouve avec tout en tas au milieu de la pièce et je finis, excédée, par tout ranger dans les placards qui ferment, un peu au hasard. Philémon n'est pas fan. J'ai été plus raisonnable, cette fois, et je dirais qu'il y a une amélioration du côté du bureau.
Puis je me suis atelée à une tâche que je repousse sans cesse depuis des semaines : ouvrir enfin les pages du Chateau d'Argol de Julien Gracq. Je veux dire, littéralement, parce qu'elles sont attachées les unes aux autres (il doit y avoir un mot pour ça, je sais), ce que je déteste. Un peu comme les antiquités (pourquoi payer un truc vieux et pourri plus cher que le même truc neuf???). J'ai commencé aux ciseaux. Ce doit être un crime de lèse-dandysme (pardon Barbey). Et il faut dire que ce n'était pas une réussite, ca faisit des petits escaliers. Quand j'ai eu une idée de génie.
Je suis allée chercher mon gigantesque couteau de cuisine (il parait) allemand Zwilling. Je l'ai acheté la semaine dernière parce que c'est l'époque des potimarrons, qui sont une de mes faiblesses automnales, mais pain in the ass à découper. Je me suis donc équipée (mais je ne peux nier avoir pensé à mon obsession : que faire si un serial killer s'introduit chez moi?) (j'ai hâte) de ce couteau immense et si aiguisé que je n'ose le ranger nulle part, de peur qu'il ne tombe et ne me découpe un doigt de pied. C'était l'outil adaptée, il a séparé chacune des pages de la manière la plus parfaite en faisant ce bruit typique que l'on entend dans les films hongkongais quand le héro sort son épée, une sorte de "schlinnnnnn" doux. Et découper des chapitres entiers de "La Chapelle des abimes", "Le Bain" ou "Argol" avec cette arme si noble... j'étais déjà une héroïne de livre (malgré mon pyjama et ma couette ikéa).
(Si il ya un versant romantique même à un couteau de cuisine allemand, tout les espoir sont permis, les amis)
(Mes prochains achats : une corde de montagne - originellement pour pouvoir m'échapper de chez moi par la fenêtre si il y a un feu ou attacher ce fichu serial killer - et une boussole. Je vous tiendrai au courant)
15:42 Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note



Commentaires
Le couteau suisse marche aussi très bien pour les pages non coupées...
Ecrit par : kabotine | 11.10.2009
J'aime tout dans ta note (potimarron, rester chez soi le week end, la parano des accidents domestiques) sauf Gracq. Mais bon ça viendra peut-être, je réessayerai un jour. J'ai commencé la Recherche, et c'est (bon là c'est un peu ridicule de dire que c'est sublime , non?)... en tout cas, c'est mon bonheur du soir.
Ecrit par : m | 11.10.2009
ah et John Burroughs, l'Art de voir les choses (dans la veine du Walden de Thoreau). Trop cool.
Ecrit par : m | 11.10.2009
Hé, hé... le gros microbe.
Ecrit par : balthazar castiglione | 14.10.2009
ah, Balthazar, tu tombes bien... je ne peux pas laisser le moindre cmmentaire sur ton nouveau blog, il n'apparait tout simplement pas à l'écran!
So sad...
Ecrit par : toxic | 14.10.2009
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