31.08.2009
L'empire de la passion
Depuis quelques jours, j'ai à nouveau envie d'écrire dans mon carnet, celui que j'abandonne pendant de longues périodes alors que je le voulais pour écrire chaque jour un peu, et qui est finalement devenu le carnet des passions, de mon coeur tremblant, qui jalonne ma vie depuis presque 10 ans. Je dis carnet, je devrais dire dossier, parce que je n'arrive plus à écrire que sur un clavier depuis cette époque et que le dossier J a pris le relais de mes grands cahiers à carreaux. J'y ai jeté tout ce ce qui brûle, le désir fou que j'ai eu d'un garçon avec le regard noir assis au fond d'un fauteuil, et qui n'a jamais perdu l'aura qu'il avait pour moi à l'époque, mes séparations, mon père qui pleure, le coeur qui s'ouvre, le malheur du monde et le vent noir d'Ollala.
J'y écris rarement. Quand je le reprends et que je relis les lignes qui précèdent, c'est à propos de quelqu'un ou quelque chose que j'ai même oublié et je me demande qui est cette personne qui écrivait alors et qui s'offensait de la couleur du ciel. On change tant. On passe doucement d'un état à un autre sans rien bien comprendre.
Et pourtant, je ne m'y résous pas. Si l'on me demande ce que j'en pense dans un micro-trottoir, je dirais qu'on ne vaut pas grand chose, que la discipline, c'est important, et qu'il faut le vouloir sans relache pour s'élever un peu. Et je crois que c'est vrai, pour cette semaine, c'est vrai pour me lever ce matin. Mais si je fais l'effort de me demander qui je pouvais être il y a seulement trois ans, et que je continue mon enquête sur un plus grand nombres d'années, je suis saisie de vertige, tout ca n'a plus aucun sens. Il faut avoir une pensée relative.
J'ai lu presque tout mon grand volume de Barbey d'Aurevilly cet été. Ces deux ou trois dernières années, je lis des livres qui bouleversent ma vie. Peut-être parce que contrairement à ce que j'aime croire, prendre le livre qui me tombait sous la main n'était pas forcément la meilleure façon de lire (brrr, je n'aime pas écrire ça, je parerai toujours de délices la rencontre fortuite). Je sais que je le dois en grande partie à Marie.
Et aussi, c'est plus difficile de penser à des oeuvres qui me dépassent et qui ne sont pas des vieux amis, dont j'ai entendu parler à table entre mes parents, où avec qui j'ai grandi. J'étais bien contente avec Henry James, au fond. Je sais qu'on pourrait s'étonner que je dise ça à propos de Barbey, parce que bien que ce soit un grand auteur, il n'est pas un auteur difficile, si bien, qu'un peu snob, je me suis demandée à la fin des Diaboliques si c'était si bien que ça. J'étais séduite. Pas convaincue. Il est loin de moi, sa Normandie est une terre étrangère, je ne pourrais le rattacher à ce que je connais que par Balzac. Et je n'aime pas les nouvelles et les romans courts. Mais la main brûlante sous la table, et le prêtre chouant m'ont mangé les yeux.
C'est un peu ridicule quand on mène la vie que je mène de penser ça, mais si dans le monde, l'on ne reconnaissait plus rien, on reconnaîtrait pourtant ses pairs, ses amis d'infortune.
21:41 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
24.08.2009
Et aussi...
Comment passer du statut d'icone de la mode sveltissime et hotissime à celui de Mlle machin avec un T-shirt de la couleur qui était à la mode l'an dernier?
Aller simple Toronto-Paris.
18:28 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
That is the question, buddy
Contrairement à ce que je pensais, les gars, je suis contente de retrouver Paris.
Un seul problème.
Le canada m'a adouci (ils sont si nice, tu vois, les anglo-saxons), je suis devenue gentille (un peu gentille seulement, mais c'est déjà trop).
Comment vais-je pouvoir reprendre mon vélo/retourner à mon travail/boire un café dans un bar sans me faire écrabouiller par la morgue parisienne? Comment??
18:21 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


