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10.04.2008
Beloved a/cunt
Rien de mieux après une journée d'abrutissement, quelques phrases mal à propos qui ont déchaîné l'opprobe de vos proches et une soirée seule que quelques shoot de Curb your enthusiasm, la serie de Larry David, qui met en scène sa vie de producteur de Seinfeld retiré dans la banlieu riche de Santa Monica.
La sitcom est drôle, mais ce n'est pas ce qui fascine le plus. Modère ton enthousiame ou comment les reticences naturelles et craintes absurdes sur les détails de la vie quotidienne tournent systématiquement mal.
Je m'explique : la paranoia est souvent un des ressorts les plus féconds d'une histoire, il y en a de nombreux exemples dans la littérature et le cinéma. Le héros, incompris, est pris pour un fou tandis que ses pires craintes sur l'avenir de l'homme (conspiration, conspiration) s'illustrent devant ses yeux tandis qu'ils se dissimulent au reste du monde. Le héros doit bien entendu défendre son point de vue seul contre tous et le basculement s'opére devant nos yeux ebahis lorsque la fille a enfin sous les yeux une preuve de toute cette histoire grotesque (désolée, j'ai revu un passage d'I robot dimanche).
Bon, vous vous doutez bien que Curb your enthusiasm n'a rien à voir avec l'avenir de l'humanité. Mais pour le pauvre Larry David, tout ce qu'il peut craindre qu'il se passe se deroule invariablement : il sort du Bowling, le receptionniste a donné ses chaussures à quelqu'un d'autre, il touche par erreur la poitrine de la mère de son ami et elle pense automatiquement qu'il a voulu lui peloter les seins, il fait un cadeau en s'obsédant sur son impossibilité à l'empaqueter et évidemment celui qui le recoit ne voit pas la valeur du cadeau mais uniquement que son supposé ami Larry n'a pas pris le temps de l'emballer... Les situations s'enchaînent et tout va de plus en plus mal, chaque détail quotidien révèle sa capacité maximale d'emmerdements (d'ailleurs, LD ne travaille pas, ne fait rien d'autre que de resoudre les problèmes qui se crééent invariablement autour de lui). Bref, un petit bonheur pour les paranoiaques qui veulent rire un peu de leur psychose (tout en s'inquiétant malgré tout, de la porté d'une telle hypothèse).
Mais le cercle ne s'arrête pas là, le plus jouissif reste à venir lorsque Larry s'obsède à propos d'une règle de la société qu'il ne comprend pas et qui le rend littéralement fou. Le génie de la série est de placer le spectateur dans la même incompréhension que Larry en créant toutes sortes de règles absurdes qui semblent être acceptées par tout le monde (pour preuve cet épisode que j'adore sur les lavomatic qui ne rendent pas les vêtements qu'il a amené à nettoyer : à chaque fois que Larry se plaint, les personnages le regardent avec étonnement en lui disant tous que c'est une règle de la laverie. On emmène des habits et on en recupère d'autres). Ce personnage petri de malchance, insupportable, incompris de tous, aux reactions pathologiques a en définitive raison. Ce qui replace évidemment le spectateur dans une situation de paranoia active et plus tellement drôle... héhé
Le lien vous conduit tout droit dans le "beloved cunt", soit l'erreur de typographie qui s'est glissée dans l'avis de décès qu'a fait paraitre Larry pour la mort de la tante de sa femme dans le journal.
http://fr.youtube.com/watch?v=BpDiZLrTHX4
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Commentaires
"You aunt, how did you dare ?", ça marche aussi.
(l'extrait est un peu raide, je trouve... mais en suivant le fil j'ai bcp aimé "The C word", parfaite image du politiquement correct dégénéré. merci!)
Ecrit par : secondflore | 11.04.2008
ahah, très bonne expression.
Il parait qu'aux USA, the 'Larry David moment" est une expression entrée dans la langue courante pour désigner une confrontation de l'individu à une situation sociale absurde. Etonnant, non?
Ecrit par : toxicavengeresse | 11.04.2008
En même temps, ça glisse bien sur la langue, "a Larry moment".
Et puis, l'absurde n'est pas si fréquent dans la culture US, me semble-t-il... (je cherche un autre exemple depuis 5 minutes, je n'ai pas trouvé)
Ecrit par : secondflore | 11.04.2008
Oui la série est fantastique. Autre très bonne série : in treatment. et the office (version us, plus tendre que la version originale).
Bon, je m'insurge contre tout le mal qui est écrit sur Wes Anderson (cest vrai que le dernier est son moins bon, qu'il tourne un peu en rond), mais c'est quand même touchant. son prochain film sera un dessin animé adapté de Fantastique Monsieur Renard de Roald Dahl.
Ecrit par : page | 13.04.2008
ah oui The Office US est génial!! ça fait longtemps que je voulais voir "Curb...", tu as fini de me convaincre...enfin dès que je réussirai à libérer plus de 5 mn dans ma vie quotidienne. sinon, on prend un verre un de ces jours?
Ecrit par : lidell | 15.04.2008
bien sûr, mais "Lidell" ? je suis certain qu'on se connaît, ça doit être un pseudo. non ? bon je retourne m'occuper de mon rhume.
Ecrit par : page | 15.04.2008
Cher M. Page, je ne voudrais pas m'avancer mais je pense que la proposition s'adressait à moi! mais je serais ravie que nous allions prendre un verre avec toi... je ne crois pas que tu connaisses Lidell, que je serais ravie de te présenter (hautement présentable cette Lidell). Bonne chance pour ton rhume (ici, dans cette affreuse région du sud de la france, il fait si beau, héhé)
Lidell, oui, vraiment, c'est très bien, et puis, seulement 26 mn par épisode, ca s'adapte à tous les emplois du temps. Je suis en vacances jusqu'à jeudi mais je t'appelle en rentrant.
Second flore, je vais être attentive lors de mon prochain séjour dans ce bienheureux pays.
Ecrit par : toxicavengeresse | 15.04.2008
Le rhume nous fait voir le monde d'une toute autre manière. Navré, donc. et in treatment c'est très bien.
page
Ecrit par : page | 16.04.2008
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